Abeille de la solidarité
 

Zagnanado

 

L'Ulcère de Buruli

    Essentiellement connu pour être une plaque tournante du trafic d’esclaves au XVII ème siècle, le Bénin recense maintenant bien des catastrophes humanitaires (lèpre, tuberculose, sida, famine…).

    Voici un autre fléau découvert en 1897 par le docteur Albert Cook, médecin britannique en poste à l’hôpital Mengo en Ouganda. L’origine de cette maladie, qui n’a pas eu la chance de rencontrer un grand succès médiatique, n’est identifiée qu’en 1948 par le Professeur Peter Mac Callum en Australie, dans la région de Bairnsdale, comme le Mycobacterium ulcerans. De nombreux cas sont recensés dans les années 60 dans le Comté de Buruli et les années 80 voient une progression de la bactérie à l’échelle mondiale. Celle-ci ne fait l’objet de recherches et d ’études par l’OMS qu’à partir de 1998. Cette bactérie est totalement méconnue en Europe et dans l’ensemble des pays dits « riches ». Proliférant dans l’eau, elle crée des ravages essentiellement chez les femmes et les enfants. Œdèmes, ulcères et amputations sont les conséquences les plus courantes.

De l'allée principale du centre de soins de Davougon (à gauche) dans lequel officient le Père Christian Steunou et le Père Bernard Moegle, jusqu'au centre de Zagnanado (à droite) où se déroulent les opérations.

    Tous les mardis le Père Christian Steunou se lève aux aurores pour transporter les malades atteints par l'ulcère de Buruli dans un dispensaire situé à 60 km de Davougon: le centre Gbemontin de Zagnanado (reconnu par l'O.M.S comme un Centre pilote dans le traitement de l'ulcère du Buruli).
    Avec la responsable des lieux, Soeur Julia Aguiar, ils opèrent jusqu'à 50 malades dans la journée.

Le Père Christian Steunou (de face) et la Sœur Julia Aguiar (de dos)


Le traitement chirurgical des ulcères s'effectue en trois points essentiels:

        - le décapage de la plaie, curetage de l'os

        - le prélèvement du greffon (lambeau de peau saine prélevé sur le patient)

        - la pose de la greffe

    Ci-dessus, après décapage, la plaie propre du patient est prête à recevoir la greffe. Cette dernière sera réalisée sur la cuisse de la même jambe.